Il y a plus de mental au sud !

Le mental se travaille

Cela pourrait presque être un sujet de philosophie à traiter en quatre heures :


"La performance mentale en compétition dépend-elle  de notre culture ?"


La coupe du monde de rugby a été  l’occasion de lire de nombreux articles relatant les méthodes d’entrainement des différentes nations y participant, notamment de l’hémisphère sud.

Je vais ici évoquer 3 articles lus le mois dernier qui montrent de quelle façon ces nations intègrent la préparation mentale dans leur travail et dans quelle mesure elles restent centrées sur des objectifs de processus et de performance.

"On ne raisonne pas en terme de victoire ou de défaite"

préparation mentale rugby australie

Commençons notre revue de presse par une interview parue le 3/10 dans l’Équipe, où l’entraineur des avants Mario Ledesma, arrivé quelques mois avant explique : " Les Australiens ont une vision complètement différente de la nôtre. Le stress, la pression des dirigeants et des résultats, les points à prendre, ça n'existe pas. Au début, je ne comprenait pas que ce soit aussi détendu."


Pas de pression sur le résultat, qui n'est pas maitrisable, par contre une pression sur les moyens, sur les processus pour être le plus performant possible dans un environnement hautement compétitif.

" Gérer les tensions de la compétition "

Autre article, autre nation, il s’agit ici des All Blacks et du travail entrepris avec Gilbert Enoka, coach mental intégré au staff national en tant que manager adjoint. On peut entrevoir le travail mental entrepris et son influence sur les joueurs qui affirment : « On travaille sur ce que l’on peut contrôler »  ou encore « Il faut accepter ce sur quoi l’on n’a pas de prise ».


Là encore, on comprend à la lecture de l’article que les champions du monde travaillent, sur les processus et les moyens de la performance, sans se focaliser, a priori, sur le résultat. Ce dernier est plutôt la conséquence du travail entrepris en amont sur les éléments maitrisables. 


Gilbert Enoka évoque son travail en préparation mentale : « Je ne suis pas un « motivateur », ces gars n’ont pas besoin de ça. Mon rôle est de leur offrir des techniques pour gérer les tensions de la compétition. Le cerveau a trois zones : l’instinct, les émotions et la réflexion. Cette dernière s’efface sous l’effet du stress. L’obligation de résultat peut crisper ou inhiber si on pense à l’enjeu, au regard du public ou au jugement médiatique. Si on est trop dans l’après, on devient anxieux. Si on pense trop au passé, ça peut être douloureux. Il faut juste revenir à la simplicité du moment présent. »


Ce travail mental est intégré dans le planning des joueurs au même titre que le travail physique. C’est à cette condition que les résultats sont les plus probants.

" La préparation mentale a pris une dimension très forte "

préparation mentale rugby all black

Le dernier article illustrant mes propos est une interview de Grant Fox, ancien rugbyman des All Blacks et aujourd’hui adjoint du sélectionneur. 48h avant la finale opposant son équipe aux Australiens il dit : «  La préparation mentale a pris une dimension très forte, car elle est au cœur de la prise de décision ».


Grant Fox explique aussi la place prise par Gilbert Enoka et son travail dans les performances et résultats des All Blacks.


Alors que la préparation mentale intègre de façon lente et modérée les planifications d’entrainement en France, ces articles montrent que les deux pays de l’hémisphère sud, finalistes de la dernière coupe du monde de rugby sont en avance sur la France dans le domaine de la préparation mentale.


L'article paru mercredi 4 novembre dans l’Équipe intitulé " Retour sur un fiasco " va de ce sens. On y apprend notamment que lors de la montée de l'Iseran en VTT, le Sud-Africain, naturalisé français, Rory Kockott s'est donné à fond, creusant un écart important, puis a préféré couper son effort pour ne pas se faire chambrer par une partie des autres joueurs prenant l'exercice de façon plus relâchée...


La préparation mentale a encore de beaux jours devant elle, en France.


Il faudra encore un peu de temps pour sortir des objectifs de résultats lus et entendus chaque semaine dans différents sports : « La victoire est impérative. » « Il nous faut les 3 points » « Seule la victoire compte, peu importe la manière ».


Il est toujours important de s'inspirer de ceux qui réussissent et de jalonner le chemin qu'il reste à parcourir pour s'en approcher.



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